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La méditation, une révolution silencieuse

Ou comment s’évader à l’heure du confinement.

Ce n’est ni un rêve ni un cauchemar et pourtant nous sommes bien, encore une fois; tous confinés : “OUIN-OUIN-OUIN ”… Certes, j’aurais pu m’amuser à faire le portrait robot psychédélique de Donald Trump ou chanter à tue tête en m’étranglant avec mon pommeau de douche “I will survive” mais j’ai préféré vous parler de quelque chose qui me fait du bien, quelque chose qui s’est invité dans mon quotidien depuis 6 mois : la méditation de pleine conscience.


Je vous rassure, pas besoin de dix ans de pratique en la matière ou d’être parti en retraite ashram en Inde pour s’y mettre. Je ne savais pas ce que voulais dire “zafu” il y a encore quelques semaines et je n’avais jamais ouvert un bouquin sur le sujet c’est pour dire. Qu’elle claque de bonheur ! Je lui ai donnée une place dans ma vie et depuis, les matins sont différents.


Laissez-moi vous embarquer dans cet univers en vous expliquant ses origines, son utilité ses bénéfices et en quoi c’est citoyen que de prendre soin de soi. Pour mieux illustrer mes propos, j’ai interviewé Marie qui médite depuis 4 ans. Je vous laisse découvrir son témoignage où elle nous parle de sa quête et surtout de ce nouvel ingrédient qui a changé sa vie. Mais avant tout cela, un peu de suspens, commençons par le commencement.


De la méditation à la pleine conscience

Lorsqu’on parle de méditation aujourd’hui c’est en général de pleine conscience qu’il s’agit. La méditation de pleine conscience est la codification contemporaine issue de la tradition bouddhiste. Je vous propose un flash-back historique quelques milliers d’années auparavant.

La méditation ce n’est pas vraiment quelque chose de nouveau même si elle est une mode aujourd’hui. En réalité, c’est une vieille histoire car cela fait plus de 2 500 ans que l’on médite en Orient et en Occident dans une démarche de spiritualité. Il n’y a que depuis une trentaine d’années que les recherches scientifiques ont confirmé toutes ses vertus à commencer par ses capacités à transformer le fonctionnement de notre esprit et ses bénéfices sur notre santé.


On a retrouvé des traces archéologiques dans la Vallée de l’Indus, où l’on voit des personnages assis en position de lotus. Le père du Bouddhisme, Siddharta Gautama qui aurait vécu au V ou VI siècle avant J-C, se serait donc inspiré de ces techniques pour atteindre “l’éveil”.


Durant l’histoire du Bouddha, on dit qu’il n’a pas inventé la méditation mais plutôt qu’il l’a exercée auprès de deux maîtres indiens. La méditation est née dans un contexte où on considérait que l’on pouvait accéder à la connaissance à travers une discipline psycho-somatique. Cette discipline millénaire se retrouve dans les médecines chinoise, égyptienne, grecque, juive et arabe.


Au XIX siècle il y a une démocratisation et transmission de la pratique Bouddhiste. On commence alors à proposer de la méditation à tout un chacun sous différentes formes de méditation en Occident.


Dans les année 80, arrivent les premiers travaux de recherche de Jon Kabat-Zinn, chercheur en biologie moléculaire passionné de méditation et de yoga, qui propose une version laïque et facile d’accès. Il va alors fonder la première Clinique de Réduction du Stress à l’hôpital universitaire du Massachusetts. C’est là qu’il développe son programme MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction : « Réduction du stress par la pleine conscience »). Avant lui, méditer signifiait s’engager dans une démarche spirituelle ou religieuse. Il modernise et démocratise la méditation dans le monde des soins et dans celui de l’enseignement.


Dans les années 90, il y eut des premières explorations scientifiques. Le chercheur américain Richard Davidson spécialiste de la neuro-imagerie, va s’intéresser au cerveau de moine Bouddhiste Tibétain comme celui de Matthieu Ricard. Le monde contemporain va alors découvrir que les méditants contrôlent mieux leur attention et sont moins sensibles au stress qu’une personne lambda.


En 2004, la MBSR fait sa grande arrivée en France au sein de l’unité de Psychothérapie Comportementale et Cognitive, spécialisée dans le traitement et la prévention des troubles émotionnels, anxieux et dépressifs du psychiatre Christophe André à l’hôpital Saint-Anne. C’est le premier médecin en France qui propose alors à ses patients de la méditation en complément de leurs psychothérapie.


Si la méditation a évolué à travers les époques, elle n’a jamais été autant reconnue d’utilité publique pour l’amélioration de la santé mentale mais encore faut-il savoir à quoi elle sert.


Son utilité dans son intégralité

La méditation est un entrainement de l’esprit et donc l’occasion de porter un nouveau regard sur la vie mais rappelons-nous que Rome ne s’est pas faite en un jour…


Dire que la méditation est un entrainement de l’esprit c’est reconnaître que notre seule volonté ne nous suffit pas pour changer et pourtant nous le savons pour notre corps mais très souvent nous l’oublions pour notre esprit. Si par exemple je décide de faire le prochain marathon de New-York je vais devoir m’entraîner régulièrement, apprendre à gérer sur la durée mon souffle, ma force dans les jambes, travailler mon mental, faire des footings, de la muscu… et il en va de même pour l’esprit ! On ne peut pas décider du jour au lendemain d’être plus “relax” en un claquement de doigt si on ne s’entraîne pas sur la durée de façon régulière et soutenue. C’est une culture mentale à l’image d’une culture physique (bon ok j’avoue mon exemple du marathon de New-York est une fake news ! ).


La méditation de pleine conscience consiste à tourner son esprit vers l’instant présent et elle est constituée de trois caractéristiques importantes :


🧘 C’est une méthode laïque n’incluant aucun dieu et aucune croyance (ce n’est pas new-age de méditer et pas besoin non plus de porter des chemises fleuries en écoutant Jimi Hendrix).


🧘 Elle est accessible et s’apprend facilement (j’en suis l’exemple pur car je la pratique depuis quelques mois et j’ai déjà beaucoup appris; notamment reconnaître et calmer une anxiété qui m’envahit).


🧘 Elle est reconnue par un très grand nombre de médecins, scientifiques, psychologues, biologistes ou des neurosciences ! (je vous recommande chaudement ce documentaire ARTE qui met en lumière la méditation comme un nouveau champ de recherche pour les scientifiques).


👉Méditer c’est développer des capacités d’attention et apprendre à focaliser son intention sur le moment présent en analysant les sensations ressenties, en observant sa respiration pour accéder au fameux état de “pleine conscience” sans pour autant se laisser dévorer par nos ruminations perpétuelles.


👉Elle est aussi l’occasion de porter un nouveau regard sur sa vie et de s’y intéresser avec attention, de façon plus amicale, plus régulière, et attentionnée. C’est une manière d’être plus doux et emphatique avec nous-même en voyant le verre à moitié plein. Le but ? Discerner et développer un lieu d’ancrage en nous : notre conscience.


Selon moi, méditer est une grande nécessité citoyenne. Ne serait-ce que pour souffler 5 min et mettre entre parenthèse ce flux incessant de nouvelles anxiogènes qui nous entourent. Se défaire de certains comportements ou tenter de dompter son esprit peut pourtant sembler hors de portée alors qu’en vérité ce n’est pas si inaccessible. Qu’en est-il du coup, des effets directs que nous pouvons ressentir ?


Les bénéfices de la pratique

En définitive méditer c’est aussi chercher une cible mouvante et focaliser son attention; par exemple notre respiration. Mais quels sont les bienfaits d’un tel art de vivre ?


Mieux dormir

Les méditations guidées ou musicales vous aideront à distraire votre esprit des éventuelles pensées négatives. Cela vous amènera ainsi à vous focaliser sur votre corps et vos ressentis pour vous accompagner doucement vers le sommeil.


Contrôler ses pensées

Arrêter de vouloir maitriser ses pensées amène le lâcher-prise et la distance. Cesser de vouloir trouver une solution permet une vision plus globale et approfondie du problème lui-même.


Ralentir le rythme cardiaque

En pratiquant la méditation, vous éloignez le stress, car il baisse en intensité, et le rythme cardiaque, comme le rythme respiratoire, s’abaisse également. Rien de magique : juste une régulation naturelle de l’organisme par une pratique ancestrale.


Réduire le stress et l’anxiété

On apprend à observer l’instant présent de manière factuelle. Il suffit de focaliser son esprit et son attention sur ce qui se passe et cela permet d’identifier les projections anxieuses, les regrets, les remords, les peurs, etc. Quand on prend du recul, on se rend compte que les situations sont souvent moins dramatiques qu’on ne l’imagine (si si je vous assure!).


Augmenter l’énergie

C’est un antidote et un booster d’immunité imparable ! On concentre son énergie sur ce qui nous fait du bien, ça vient stimuler nos endorphines et notre corps tout entier se relâche. C’est un vrai point d’équilibre des deux hémisphères cérébraux qui facilite l’harmonie entre corps et esprit.


Sentiment de paix

Chaque séance sert de guide et participe à son affirmation face au monde. Elle nous permet aussi de créer notre propre équilibre et de poser des mots sur nos émotions. Cultiver sa paix intérieure est le meilleur privilège que l’on peut s’offrir.

Nous avons créé un monde dans lequel nous avons plus appris à compenser notre mal-être (par des violences quotidiennes, du stress, des conflits…) qu’à nourrir notre bien-être profond, généreux et contagieux. Devant les enjeux d’aujourd’hui, le développement personnel et spirituel ne serait-il pas la clé d’un développement social durable ?


Mot de la fin : La sérénité pour soi au service des autres

Au cours de ses six derniers mois, je me suis souvent posée la question de mon rôle dans notre société individualiste. Je me suis engagée en prenant soin de moi en faisant une psychanalyse et de la méditation. Mais finalement, y’a t’il vraiment quelque chose d’égoïste à ne penser qu’à soi alors que le monde va mal ?

J’ai eu envie de prendre le sujet à l’envers et de me revoir comme sujet à part entière, rongée par les colères, envahie par les anxiétés. Que serais-je devenue ? Une personne qui subit sa vie et qui ne fait pas non plus du bien à la société. C’est à ce moment-là, que j’ai découvert l’intériorité citoyenne. Si je ne fais pas le ménage à l’intérieur de moi-même, comment pourrais-je être disponible pour les autres ? Ce qui rétracte une personne sur elle-même ce n’est jamais le bonheur, c’est la souffrance.

J’apprends chaque jour à être consciente et responsable et ça c’est être une bonne citoyenne du monde, à mon sens. L’intériorité qui transforme me paraît être la clé de la citoyenneté dont nous avons besoin pour “sauver notre peau” mais aussi pour continuer à vivre une aventure collective.

Le développement social et durable ne s’enracinerait-il donc pas dans un développement personnel intime et profond ? Tels sont encore mes questionnements mais je trouve mes premières réponses à travers la méditation de pleine conscience.

Je vous laisse découvrir maintenant le super témoignage de Marie, que je remercie chaleureusement pour sa confiance et de s’être prêtée au je (euh non.. au JEU : on s’y perd) 😉

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